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dimanche 30 novembre 2008

Louise-Michel, ou l'art de faire buter son patron

Mais qui se cache derrière le prénom Louise-Michel ? Une révolutionnaire anarchiste ? Une femme à double personnalité ? Une actrice belge ? Louise-Michel, c’est un peu les trois à la fois, le tout condensé dans une actrice haute en couleurs : Yolande Moreau, qui tient le premier rôle du troisième film de Benoît Delépine et Gustave Kervern, les deux compères du Groland, dont la sortie est prévue pour le 24 décembre prochain. Louise-Michel est un film qui ne saurait être plus au cœur de l’actualité socio-économique. Nous sommes dans le Nord, où une usine de cintres vient de délocaliser en cachette pendant la nuit. Les ouvrières, désemparées, décident de réunir leurs économies pour « faire buter le patron ». Oui mais voila, c’est Louise-Michel, bourrue et analphabète qui se charge de trouver le tueur à gages. C’est le début d’une série de péripéties, menée avec brio par une série d’acteurs belges à l’humour barge et décalé (à noter la présence de Benoît Poelvoorde et du chanteur Philippe Katerine !)

Yolande Moreau et Benoît Delépine lors de l'avant-première du film Louise-Michel à Nancy


Votre film est il engagé politiquement ?

Benoît : le film Louise-Michel est assez anti capitaliste tout de même ! Nous sommes plus conscients des choses qu’il y a 6 mois à cause de la crise financière, et tout au long du film on voulait montrer le maximum d’alternatives au capitalisme par le biais de petits indices simples, quelques pistes : par exemple dans le village, il y a une Coop’, pas un Auchan pour faire ses courses.

Yolande, vous êtes vous inspirée de Séraphine pour votre personnage de Louise-Michel ? Et vous Benoît, vous êtes vous inspiré des personnages du Groland qui représentent un peu la France profonde ?

Yolande : J’ai enchaîné les tournages de Séraphine et Louise-Michel en un week-end, il a donc fallu que je m’adapte à ce changement d’univers. Il peut y avoir un parallèle entre ces deux personnages en ce qui concerne l’enfermement dans une certaine solitude, mais j’ai plus pensé à leurs différences qu’à leurs similitudes. Pour Séraphine, Martin Provost, le réalisateur, ne voulait aucun trait d’humour, il avait très peur de glisser dans le comique. Pourtant j’aime faire rire les gens ! Pendant le tournage de Louise-Michel, c’était plutôt « Oh la, un peu de sérieux ! »

Benoît : L’équipe du Groland, comme Yolande, est issue de la France d’en bas. Le milieu du cinéma et de la télévision c’est tout l’inverse, alors une partie de notre boulot et de notre devoir est de ne pas oublier d’où l’ont vient et dont on est fier, donc on en parle ! Nos histoires sont parfois plus intéressantes et beaucoup moins stéréotypées que le reste du cinéma français.

Yolande : il y a cette phrase de Mozart qui me plaît beaucoup et qui je trouve résume assez bien l’ambiance de ce film : « c’est brillant, mais ça manque de pauvreté »

Lorsque l’on regarde le film, on a l’impression de voir une succession de sketches… Était-ce le but ?

Benoît : Je comprends qu’on puisse avoir cette impression, mais ce n’étais pas le but car le scénario est assez linéaire : deux personnages se trouvent réunis par une situation X et doivent trouver le vrai patron afin de le tuer. Louise et le tueur à gages foncent droit dans le mur… Disons que les séquences sont plus des situations cinématographiques que des sketches.

Benoît, vos deux précédents films avaient été réalisés en noir et blanc et ne comportaient que très peu de dialogues. Celui-ci est en couleurs et est très vivant, pourquoi ce virage ?

Benoît : Tout simplement parce qu’il ne faut pas toujours refaire les mêmes choses ! Mais aussi, le noir et blanc pour un film est très poétique et mystérieux, il faut donc être à la hauteur. Pour ce film,certaines choses ne seraient pas passées s’il avait été tourné en noir et blanc. Et avouez que les films en couleur font moins peur au public !

Quel était le rôle de Mathieu Kassovitz dans la production du film ?

Benoît : Sans Mathieu, il n’y aurait pas eu ce film. Son rôle était plus qu’important puisqu’il s’est occupé du montage, à trouvé des financements et des sponsors. Eh oui, ce n’est pas parce qu’on fait partie de Canal + que la chaîne cryptée va sponsoriser notre film !

* * *

N.B : cet article est un copié-collé d'un devoir que j'ai rendu à mon chargé de TD de pratique de la presse... Croisons les doigts pour que j'aie une bonne note !

 
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