mardi 20 mai 2014

MERCI

Matt

C'est fou comme "l'amour" et "la mort" se ressemblent à l'oral. Je n'avais jamais fait le rapprochement jusqu'à maintenant. Les deux sont inévitables, on y passe tous. Certains courent après, pour d'autres ça leur tombe dessus sans prévenir. 

On m'a dit courage, on m'a dit repose toi, on m'a dit écris. J'aurai aimé revenir sur ce blog avec de magnifiques photos du Laos après 2 mois sans rien poster, mais mon coeur était ailleurs et désormais il s'en s'est allé pour de bon.

J'ai eu la chance de connaître Matthew Iain Allpress. C'est ce genre d'histoire incroyable qu'on appelle le coup de foudre. Ce gros cliché ! Ce mail interminable envoyé aux copines pour leur raconter la rencontre ! La romance moderne de deux gamins de 21 ans qui se rencontrent grâce à Twitter à Berlin. Tu le sens venir le cliché, gros comme une maison.

On s'écrivait de temps en temps sans se connaître jusqu'au jour où nous sommes allés boire une bière à Kreuzberg. Fait rare : j'étais en avance. Alors que je scrollais vainement ma timeline Twitter pour passer le temps (je suis non fumeuse), un garçon s'assieds en face de moi, croise les bras sur la table et me sourit. C'est Matt. 
Je me suis rejouée cette scène des milliers de fois dans ma tête mais rien à faire, je ne me souviens plus de tous les détails. Je ne pensais pas que cette rencontre était importante, pour moi je buvais un verre avec cet Australien sorti de nulle part et ensuite la vie reprendrait son cours. Je ne savais pas qu'à cet instant il aurait fallu que j'imprime dans mon cerveau la moindre milliseconde de cet instant précieux. On a échangé quelques banalités, commandé nos bières et on a commencé à se raconter nos vies.

Depuis ce jour, on n'a jamais cessé. Assise en face de lui, je buvais ses paroles et sentais l'odeur de sa peau. J'avais envie de savoir qui était ce garçon qui est arrivé en retard parce qu'il venait de se faire tatouer. Son corps en disait long sur sa vie. 
Je voyais ça comme des indices, comme une carte aux trésors. J'ai ensuite passé un an à ses côtés à vouloir tout savoir et tout apprendre de lui, il m'en fallait encore et encore, comme s'il y avait un mystère à percer. 

Je n'ai jamais vu le mal en lui. Je n'y ai vu que le Bien et l'Amour incarnés. Matt voulait dévorer le monde. Tout l'intéressait et ce qui le faisait vibrer lui occupait l'esprit pendant des heures. Je le regardais, fascinée et envieuse. Ses bras étaient le meilleur des réconforts et nos seules disputes étaient à propos des magazines de mode que je lisais en cachette, car il se tuait à m'expliquer qu'ils me pourrissaient la vie et la vision que j'avais de moi-même. 

Il s'est tué à me rendre belle, à me donner confiance en moi et à me protéger dans ses bras. On discutait sans relâche, et si nous préférions le silence alors la présence de l'autre nous suffisait. Avec le temps, j'ai découvert à quel point ses amis en Australie l'aimaient autant que je l'aimais. Matt avait cette personnalité et cette âme qui touchait tous les gens qu'il rencontrait. Sa vision du monde et son avis sur les choses qui nous entourent sont précieux et il les distillait aux personnes en qui il avait confiance. J'ai tellement appris à ses côtés, il m'a aidée à voir le Monde sous un autre angle et m'a bousculée pour m'aider à sortir de ma zone de confort.

Je sentais au fond que Matt avait un autre amour, que je n'étais pas la seule. La Nature était plus forte que moi. En quittant Perth (côte Ouest de l'Australie) pour me retrouver à Paris en décembre 2012, il a quitté l'océan, les vagues et tout ce qui le rendait vivant. Quand il a appris que je partais en Inde, c'était pour lui un feu vert. Je quittais Paris, alors il avait le droit de partir aussi. Angleterre, Pays-Bas, Allemagne, Turquie, Inde puis Népal. Chaque étape avant de rentrer chez lui était aussi symbolique que l'autre.

Quand je suis arrivée en Inde en juin dernier je l'ai senti retomber amoureux de la Nature. Son arrivée à Chennai en septembre fut fatale pour nous, nos chemins se séparaient. Il est parti vers le nord et s'est retrouvé au Népal, où il est tombé fou amoureux de l'Annapurna. Je suis allée le rejoindre en novembre avant son retour définitif en Australie.

La suite vous la connaissez. Matt s'est endormi dans les bras de la Nature, son véritable amour pour toujours. Comment vivre sans la personne qu'on aime ? Comment accepter la mort, celle qu'on déteste et qui nous tombe dessus sans prévenir, celle contre laquelle personne ne peut rien faire, la mort qu'on croit éviter avec des "et si". Je ne sais pas. Comment vivre sans ses précieux conseils, sans sa voix et sans ses mots ? Je ne sais pas. Je ne sais plus rien. Je dois réapprendre à vivre sans béquille, sans cette incroyable personne que j'ai eu la chance de côtoyer et de serrer dans mes bras.

La seule chose que je sais, c'est qu'il faut se souvenir. Il faut parler de lui, rire de nos souvenirs communs, conserver ses paroles au chaud et chérir sa personne. Je cours après ces instants comme un trésor et je me force à écrire pour comprendre que tout cela est vrai et qu'il faut l'accepter.

Parce que vous avez été si nombreuses à me témoigner votre soutien pendant ces 6 derniers mois, je tenais à vous remercier du fond du coeur pour vos mots et votre présence. Je voulais partager avec vous ces souvenirs, pour aussi crier un peu au monde à quel point je l'aime et à quel point nous devons tous nous souvenir de lui. MERCI !

mercredi 2 avril 2014

HAMPI / PARTIE 2

HAMPI
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J'ai osé écrire : "les photos arrivent très vite !" dans mon précédent article. Il ne faut jamais me croire quand je promets des choses pareilles. Ca part d'une bonne intention, je crois avoir un peu d'avance en préparant mes posts et voilà, c'est reparti pour 1 mois de procrastination.

J'ai quand même une super excuse : j'ai passé 3 semaines à Paris sans mon chargeur de Macbook Air oublié à Chennai et j'ai passé le plus clair de mon temps à bosser, voir mes amis et batailler avec l'ambassade d'Inde pour récupérer mon nouveau visa avant qu'il ne soit trop tard.

J'étais déjà rentrée en décembre pour Noël et ce retour express m'a plus épuisée qu'autre chose. Quel marathon de programmer un rendez-vous tous les soirs pour rattraper le temps perdu avec ses amis qui ne sont pas à ta disposition comme tu l'espérais, mais qui (et ils ont bien raison) savent très bien vivre sans toi, qui les as abandonnés :) Lecteurs expatriés, rassurez-moi : vous êtes dans la même situation à chaque retour en France ?

Bref, c'est en rentrant à Chennai lundi matin que j'ai poussé un soupir de soulagement : j'étais à la maison. Quel bonheur de se sentir enfin chez soi quelque part. C'était donc le bon moment pour partager ces dernières photos de Hampi, où nous avons gravi les marches menant au Monkey Temple le matin et parcouru les villages et champs aux alentours en mobylette l'après-midi. J'en garde encore un super souvenir, et j'espère que ces photos vous motiveront plus que jamais !

Pour ma part, je pars vendredi soir en train de nuit à Mysore pour rejoindre Coorg, où je passerai le week-end. Puis, direction LAOS la semaine d'après ! Mon premier voyage toute seule, accompagnée de mon sac à dos. J'ai peur, mais de façon positive. J'adore cette tension ! J'ai hâte de partager ces voyages avec vous. J'espère que vous êtes prêts à me suivre ;)

vendredi 28 février 2014

HAMPI / PARTIE 1

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Hampi. On l'aura vraiment mérité ce voyage. Ca partait très mal puisque quelques heures avant le départ du bus on reçoit tous un sms en anglais approximatif nous expliquant que celui-ci est annulé. Bien sûr en appelant le service client de la compagnie de bus, les informations que l'on nous donne ne sont pas plus claires. Enervés de ne pas savoir parler Tamil et bien décidés à partir coûte que coûte, on se rend à la station... Où l'on se fait rembourser nos tickets afin d'en racheter d'autres, identiques. Et c'est parti pour 15 heures de bus de nuit, très bien installés (couvertures, prises pour recharger les téléphones, pause Dosai à 22H et pipis nocturnes sur le bord de la route réguliers).

Nous avons à peine 48H devant nous à Hampi mais déjà en arrivant sur place on sait qu'on va en prendre plein la vue... Le trajet en rickshaw de Hospet (ville d'arrivée du bus) à Hampi est magnifique : palmiers, verdure, petits villages adorables et l'on se sent déjà détendus. Pressés par le temps et par l'envie d'en voir le plus possible, on se laisse porter par les chauffeurs qui nous proposent leurs services pour la journée et nous conseillent une petite guest house de l'autre côté de la rivière. Après négociation des prix, on accepte : et c'est parti pour une journée placée sous le signe des temples !

Au delà de la beauté des lieux, je tiens à m'arrêter deux minutes sur les touristes qui passent par Hampi. Ce village du Karnataka (l'état de Bangalore) est situé dans les ruines de Vijayanagara, classées au patrimoine mondial de l'UNESCO. C'est un passage obligé pour beaucoup de voyageurs et backpackers, mais aussi pour des pèlerins puisque le lieu et beaucoup de ses temples sont sacrés pour les Hindous. Alors quand je vois toutes ces occidentales en minishorts, débardeur en guise de robe, soutien-gorge ou brassière apparente... OK c'est babos-chic, c'est mignon sur Instagram mais... Un peu de respect sérieusement ! J'ai été extrêmement choquée par la désinvolture de certaines et peinée par cette ignorance manifeste. Il ne s'agit en aucun cas de slut shaming envers ces jeunes filles, mais un peu d'humilité ne ferait pas de mal :)

Fin de la parenthèse babos, retour à Hampi et à ses richesses archéologiques. Je ne sais que vous dire à part que c'est magnifique, que l'ambiance est propice au sourire, aux "wow", aux "putain mais c'est trop beau", "venez on prend des photos !", "j'en reviens pas"... Les photos parleront j'espère d'elles-mêmes. Mais franchement, c'était magnifique. Des temples aux ruines au coucher de soleil en haut d'une colline, de la verdure environnante et de la beauté du ciel qui nous couvait du regard, c'était incroyable. On se couchera ravis de notre première journée après une bonne vieille Kingfisher, prêts à attaquer la seconde journée sur nos mobylettes. Photos à venir très vite !

Pour info : nous ne sommes restés que 48H à Hampi mais c'est un immense regret. Si vous êtes pressés dans votre voyage, prenez le temps de vous y arrêter 3, 4 jours afin de profiter au maximum des alentours. Si vous êtes libres de votre emploi du temps (chanceux !) vous pouvez y rester une semaine sans vous ennuyer : il y a des tonnes de backpackers, vous vous ferez des amis et surtout il y a plein de choses à faire : se baigner, découvrir des petits villages, faire de l'escalade, balades en mobylette, découverte de tous les temples, gravir les marches du monkey temple, se reposer... J'ai tellement adoré que je compte bien y retourner un jour. Et surtout, si vous faites l'Inde du Sud : c'est un passage OBLIGATOIRE ! Impossible de me souvenir du nom de notre guest house mais elle était attenante au restaurant Funky Monkey où le service est aussi lent que le chicken butter massala est délicieux !

N'hésitez pas à partager vos bonnes adresses en commentaire ;)

mardi 11 février 2014

Sari rocks !

Wedding

Voilà un look que je rêvais de présenter sur mon blog : un sari ! Ce dernier n'étant pas un habit du quotidien pour moi, il fallait une bonne raison pour en porter : un mariage ! Notre collègue Swami se mariait avec Ambi ce dimanche et ils nous ont invités à la cérémonie religieuse du matin ainsi qu'à la réception du soir : quelle chance ! Il a donc fallu se mettre en quête d'un sari... et apprendre à le mettre, ce qui n'est pas une mince affaire.

Wedding

Etant de passage à Pondichéry il y a 10 jours, je pensais trouver mon bonheur au marché Goubert à mon arrivée. Sauf que la ville était paralysée par une grève tout le samedi, et le dimanche seule une boutique de textile était ouverte au marché... J'aurai pu aller dans une boutique qui a pignon sur rue, mais j'aime tellement l'ambiance du Goubert que j'ai préféré trouver mon bonheur là-bas malgré tout. Je demande des saris verts, ou bordeaux, ou rouges... 

Et je suis difficile : je n'aime pas les imprimés, je n'aime pas les strass, je n'aime pas les "fausses" couleurs (le fluo, les couleurs trop vives...). Je fouille, je repose les emballages, je demande ceux qui coûtent un peu plus cher au cas où et là je tombe sur une merveille rouge et or... Les garçons acquiescent, c'est un bon choix ! 900 roupies plus tard (un petit peu plus de 10€) et un jupon assorti pour 100 roupies, je ne suis pas au bout de mes surprises.

Wedding

Sari : ok. Jupon : ok. Blouse : ??? Oups. La blouse (la brassière assortie sous le sari) doit être taillée directement dans le tissu du sari. C'est reparti pour la quête d'un tailleur. Les jours passent, la procrastination l'emporte, et les cours de yoga ou de surf prennent le pas sur l'urgence du sari. Si bien que samedi après-midi, à moins de 24H de la cérémonie, c'est le branle bas de combat. Heureusement deux tailleurs se trouvent dans ma rue et l'un d'eux accepte de nous tailler 2 blouses en moins de 3 heures. Miracle ! On s'est un peu fait arnaquée sur les prix je pense, mais tant pis, ça valait le coup. Et puis après tout, 500 roupies pour une blouse taillée sur mesure... On n'allait pas chipoter.

Wedding

Samedi soir, il est temps de récupérer nos blouses et d'essayer nos saris. La couturière était tellement adorable, et ne s'est même pas moquée de moi que j'ai enfilé la blouse à l'envers... Les petites agrafes se portent devant, et pas derrière comme pour les sous-vêtements ! Elle m'a ensuite proposé d'essayer mon sari. Un bon moyen d'apprendre à l'enfiler, me dis-je, complètement naïve.

C'est parti pour 10 minutes d'enroulage comme un papier cadeau, de dizaines de plis, de bon tombé de tissu, d'épingles à nourrices pour fixer le tout (Whuuuut ? Alors ça ne tenait pas tout seul comme par magie ? Bienvenue dans le monde réel Marion !), de rires, de je ne comprends rien puisqu'on parle un mélange d'anglais et de Tamil et pour finir : "look, mirror !" : wahou. Je ne me reconnais pas !

Wedding

Elise qui m'accompagnait a aussi eu droit à son essayage de sari (et de blouse suffocante !), le tailleur nous a pris en photo, on était comme des gamines. En sortant dans la rue, tout le monde nous regardait en rigolant (mais sans moquerie aucune) et c'est en rentrant chez moi pour remettre notre uniforme slim/t-shirt avant d'aller au resto qu'on s'est dit qu'on était bien dans la merde pour le remettre, seules, le lendemain matin...

Heureusement, la magie a opéré. A 8H30 du matin, nous sommes 3 à toquer chez une voisine qui, aidée de sa maid et de sa fille, nous a aidées à mettre nos saris. L'amour. Puis... "on y va comment au mariage ?" "Pas de rickshaw, c'est à 5km" "Mais on va pas conduire nos scooters en sari ?" "Si elles le font toutes, pourquoi pas nous ? Allez, on est en retard !"

Wedding

Voilà comment je me suis retrouvée en sari sur ma mob les cheveux au vent, en route pour un mariage. Et la cérémonie était magnifique, magique, la mariée était encore plus magnifique et magique ! Je suis tellement heureuse d'avoir eu la chance d'assister à cette matinée. Maintenant je n'ai plus qu'à trouver une autre occasion de porter mon sari et d'apprendre à le mettre toute seule comme une grande !

Wedding

 
Marion Rocks