lundi 30 mars 2015

10 conseils pour voyager en Inde - Partie 2

POV


Hello !

Vous commencez à me connaître : j'ai encore une fois failli à mes engagements et laissé mon blog en plan. Mais c'était pour la bonne cause ! En effet mon départ de Chennai est arrivé bien plus vite que je ne le pensais et je me suis retrouvée débordée par l'organisation. J'avais envie de voyager un peu avant de rentrer en France, puis il fallait que je me mette à postuler pour un nouveau job, il a fallu déménager et organiser l'envoi de mes affaires chez mes parents, tout ça en profitant des derniers moments entre amis... Pfiou !

Je vous écris actuellement de Myanmar (Birmanie) où après avoir parcouru Yangon en long en large et en travers, je me repose 1 journée avant d'entamer un trek de 3 jours entre Kalaw et le lac Inle. Pour le moment je ne suis pas dépaysée, ce pays me rappelle tellement le Laos !

Trêve de bavardages, voici la suite de mes conseils pour voyager en Inde ;)


5) Exemples d’itinéraires dans le Nord de l'Inde

Cet été en 2 semaines avec mon frère nous avons pu visiter une dizaine de villes grâce à une organisation bien chronométrée. 1 mois avant, j’ai booké tous les billets de train, bus et avion de sorte à ce que nous puissions profiter au maximum des villes dans lesquelles nous étions sans perdre de temps à négocier les prix ou merder les horaires. Voici ce que nous avons visité (sauf villes entre parenthèses) :

1) Delhi (+ Varanasi)

Pour y atterrir, prendre la température, tester les premiers restaurants qui vous font envie, être complètement ahuri dans les rues de Old Delhi… Se prendre le clash tradition/modernité en se déplaçant en métro puis en cycle rickshaw, en prendre plein la vue à la grande mosquée (Jama Masjid), se régaler chez Karim’s en sortant, se reposer dans la pelouse de Qtub Minar ou du tombeau d'Humayun…

Les regards peuvent être appuyés, quelques gestes peuvent être déplacés et les curieux très impolis (certains hommes ne se gênent pas pour prendre des photos volées des occidentales avec leurs smartphones. Même dans la cour de la Mosquée… Aussi, il ne faut pas hésiter à leur mettre la honte en les interpellant devant tout le monde dès qu’on les a repérés et leur demander bien clairement de « delete all the pictures » )

Hotel recommandé : tous ceux des rues faisant face à la New Delhi Train Station. Ca va du plus miteux au milieu de gamme, choisissez selon vos goûts et votre budget. Même si c'est un coin propice aux tourist traps, ça reste très bien placé pour visiter plein de choses en un temps record.

Attention : si vous vous rendez à Delhi entre décembre et février, contrairement au Sud il peut y faire très froid ! Les températures chutent vite et l’air se couvre parfois d’une épaisse brume qui entraîne de nombreux retards d’avion.

Varanasi --> je vous invite à (re)lire mon article dédié !

2) Agra

Pour le Taj Mahal bien évidemment ! Je suis de la team « visite dès l’ouverture » ! En effet le Taj ouvre ses portes au lever du soleil et les refermes au coucher. Je m’y suis donc rendue deux fois sur mes 3 visites entre 5 et 6h du matin pour éviter la foule : c’est un vrai plaisir de s’y rendre quand tout est encore calme. Le paysage peut être brumeux et le ciel voilé : attendez que tout se dégage vers 8-9H pour apprécier la blancheur éclatante sous le soleil de cette merveille du monde !

Ensuite, rendez-vous dans le vieux Agra et perdez-vous dans les petites rues. Gardez le nez en l’air : repérez un rooftop qui vous fait envie et reposez vous, face au Taj Mahal !

Le Red Fort est également un incontournable. Je le trouve personnellement bien plus joli que celui de Delhi : prenez 2 bonnes heures pour tout apprécier dans les détails.

3) Pushkar

Comme Varanasi, il s’agit d’une ville sainte Hindoue. Les commerçants peuvent être très agaçants, alors j’ai préféré m’éclipser dans les petites rues de la ville et me balader au calme, à la rencontre des habitants. C’était bien mieux ainsi !

Les chants du Brahman au lever et au coucher du soleil donnent des frissons : n’hésitez pas à vous déchaussez et à descendre les marches des Gahts pour admirer la foule se baigner et prier.

Hôtel recommandé : Hotel Lake View. Ultra cheap. Mais meilleure vue !

4) Jaipur - Jodhpur - Jaisalmer - Udaipur

Ces 4 villes incontournables du Rajasthan valent clairement le détour. Prenez le temps de visiter chacun des forts et des Haveli et n’hésitez pas à négocier un guide pour la journée ou à louer des audioguides dans chaque monument. Ca fait un peu « car de touriste » mais franchement, il y a tellement de choses à apprendre et à découvrir que vous ne le regretterez pas ! Chaque ville a son petit truc en plus (ville rose, ville bleue, ville blanche, désert…), à vous de voir celle qui fera le plus battre votre cœur ;)

C’est dans ces villes que j’ai fait le plus de shopping : à Udaipur un joli sac façon Antik Batik à pompons et miroirs gipsy, à Jodhpur des tonnes de foulards « tie & die » (une spécialité du nord), à Jaipur des bijoux, à Jaisalmer… des space cookies et des bhang lassi (milk shakes à la beu, donc) !

Le Rajasthan est l’un des états les plus touristiques de l’Inde. Armez-vous donc de patience et de bienveillance pour ne pas finir comme moi, à hurler sur les commerçants qui me harcelaient toute la journée à base de « wanna spend your money in my shop m’am ? » ou sur les autorickshaws qui me demandent 3x le prix normal pour se déplacer…

Si vous êtes un peu colérique lorsque vous êtes fatigués ou que vous êtes un peu susceptible, voyagez avec quelqu’un qui vous apaise ;) Mon frère prenait tout de suite le relais, lorsqu’il voyait que j’atteignais le mode « release the kraken » de l’énervement.

Vous vous ferez peut-être arnaquer, vous aurez peut-être une intoxication alimentaire (allez, je l’avoue sans honte : j’étais tellement malade à Jodhpur que lors d’une excursion j’ai fait arrêter notre 4x4 au bord de la route en rase campagne pour courir me cacher dans un fossé avec mon rouleau de PQ à la main), vous allez peut-être vous perdre, votre chambre d’hôtel sera le paradis car propre (ou pas), loin du capharnaum (ou pas), silencieuse et fraîche (ou pas)… Mais même si les routes indiennes sont semées d’embûches, c’est vraiment ce qui fait le charme de ce voyage. C’est impossible de s’ennuyer ne serait-ce qu’une seconde, on revient avec plein d’anecdotes à raconter et au final, tous les coups de gueule se transformeront tôt ou tard en un franc fou rire, je vous le promets !

5) Mumbai (+ Goa)

Perso j’adore Mumbai car c’est la grande ville indienne qui vibre. J’adore le quartier autour de Marine Drive et Colaba, on se croirait dans Jumanji. Les vestiges de l’architecture britanniques sont noircis par l’humidité et les trottoirs défoncés par les racines des banyan trees. Tout est beau, ça sent bon, il se passe plein de trucs partout.

Rendez-vous impérativement au concept store Bungalow 8 pour s’y offrir la crème de la crème des vêtements de jeunes créateurs indiens ou de la déco ultra moderne. Attention, on y fait vite flamber la carte bleue.

Mumbai c’est également le triste contraste entre l’extrême richesse (pensez aux acteurs Bollywood, milliardaires, qui y vivent) et l’extrême pauvreté (plus de la moitié de la population de Mumbai vit dans les bidonvilles ou dans la rue).

Hors de tout voyeurisme, si vous souhaitez vous rendre compte de la réalité des « slums », je vous invite à vous tourner vers la visite du slum de Dharavi organisée par l’ONG Reality Tours & Travels. Les photos y sont strictement interdites, il y a absolument zéro misérabilisme et les guides sont tous de jeunes étudiants ultra marrants qui vous transmettent leur bonne humeur tout au long de la visite. Vous y apprendrez beaucoup de choses et surtout, votre vision de pauvreté ne sera plus celle à laquelle vous croyiez auparavant.

Astuce : achetez des stylos et des cahiers à distribuer aux enfants ou offrez à l’ONG un sac de vêtements à la fin de la visite.

Pour sortir : les fans du livre Shantaram seront ravis de boire une bière fraîche au Café Léopold et tout le monde sera d’accord pour vous conseiller de faire la fête au Blue Frog.

Les hôtels sont bien plus chers à Mumbai que dans le reste de l’Inde, ne soyez pas surpris en découvrant les prix parfois très élevés pour le service proposé.

En 2 semaines ça goupille très bien si vous profitez à fond de vos journées (levés tôt, rentrés à la nuit tombée à l’hotel), nous ne nous sommes sentis frustrés à aucun moment. Des villes comme Pushkar ne nécessitent que 24H sur place, d’autres comme Jaisalmer valent peut-être + le temps de s’y poser si vous souhaitez passer une nuit supplémentaire dans le désert.

Si vous avez 3 semaines (ou +) prévus pour votre voyage, vous pouvez ajouter Varanasi et Goa à votre itinéraire :)

6) Exemples d’itinéraires dans le Sud de l'Inde

A noter que la plupart de ces villes du Nord et du Rajasthan sont d’héritage musulman, perse, moghols… Les grandes villes du Rajasthan sont incroyables à tous les niveaux : architecture, héritage, histoire, culinaire…

Toutefois, hormis Varanasi et Pushkar, ne vous attendez pas à découvrir l’hindouisme et ses temples plus colorés et fous les uns que les autres. Pour cela, mieux vaut vous rendre dans le Sud de l’Inde pour en profiter pleinement !

Voici donc un autre exemple d’itinéraire :

1) Chennai

Bon, ce n'est pas parce que c'est MA ville que je vous la conseille forcément :) Disons que c'est un passage obligé pour commencer la route du Sud et repartir en France ensuite depuis Kochi ou Bangalore. Une fois arrivés à Chennai, ne vous y attardez pas trop : c'est une ville dans laquelle on vit... Il n'y a rien à visiter à part Marina Beach, l'une des plus longues plages d'Asie qui s'étend sur 12km ! C'est un vrai spectacle.
Je vous invite à prendre un hôtel dans le sud de la ville, vers ECR afin de vous rapprocher de Pondichéry lorsque vous reprendrez la route après une bonne nuit de sommeil et une journée d'acclimatation !
Néanmoins si vous voulez quelques adresses shopping :
Fabindia - quartier de Besant Nagar Church : c'est ma boutique indienne préférée, vous y trouverez de magnifiques vêtements ethniques, de la décoration, des foulards, des saris... Les prix sont assez élevés pour l'Inde car la marque est éthique et surtout s'adapte aux coupes à la mode. Vous ne reviendrez donc pas en France avec le sentiment d'être "déguisée", ce qui arrive souvent quand on se surprend à acheter des vêtements ethniques à l'étranger et qu'on réalise hors contexte qu'on ne les remettra plus jamais :)
Cette boutique existe également à Pondichéry, donc ne paniquez pas si vous la loupez à Chennai.
Anokhi - Chamiers Road : il y a 3 boutiques dans ce joli petit bâtiment blanc en fond de cour. 2 au rez-de-chaussée et un à l'étage, à côté d'un café/salon de thé aux accents coloniaux. Leurs pâtisseries sont très bonnes et les jus de fruits toujours frais ! A chaque fois que j'y vais, je dévalise Anokhi pour ses pyjamas et ses nombreux carnets de notes à 2€ pièce. Sans parler des bijoux à l'étage, je me pâme toujours d'envie !

2) Mamallapuram

C'est le petit village de pêcheurs qui rencontre un franc succès auprès des routards ! Nous nous y rendons le week-end pour fuir la pollution et le vacarme de Chennai et c'est un petit havre de paix. Je vous recommande de loger à l'hotel Ideal Beach Resort qui possède sa propre plage privée.
Bon à savoir quand on sait que sur cette côte, les locaux ne sont pas très friands de baignades et que les occidentales en bikini sont regardées avec grande curiosité ;)
Je vais toujours déjeuner au Good Luck Café et ensuite c'est parti pour une séance shopping : bijoux en argent, sandales en cuir faites sur-mesure, pashminas, t-shirts de babos imprimés de divinités hindoues... Comme le tourisme s'y développe doucement mais sûrement, les prix restent assez raisonnables si vous négociez bien (-20% du prix annoncé généralement, sauf si vous estimez que le prix est juste).
Baladez-vous ensuite vers le phare, admirez la jolie petite vue et terminez par un fresh lime soda pour vous désaltérer avant de reprendre la route pour Pondy.

3) Pondichéry

Ha, douce Pondy ! C'est clairement la ville où il fait bon se perdre dans les rues, de se laisser aller à découvrir toutes les petites boutiques et échoppes d'Heritage Town... Vagabonder dans Goubert's Market, craquer pour des tonnes de foulards chez Aroul et se prélasser en terrasse de la Maison Rose ou de la Villa Shanti.
Pour les hôtels, vous n'aurez que l'embarras du choix ! Il y a du très luxe et du plus abordable, mais je vous invite tout de même à regarder du côté du Mango Hill ou du Dune Eco Village pour un super séjour un peu en dehors du centre ville.

Si vous avez le temps, aventurez-vous du côté d'Auroville, un village spirituel et utopique chargé d'histoire !

Relire d'anciens articles de Pondy : ici &

4) Trichy- Tanjore - Madurai

Ce sont des villes typiques du Sud de l'Inde où vos seules activités seront : visiter des temples, manger, visiter des temples, manger... Ah ça, vous allez vous régaler autant au niveau des papilles que des pupilles !
Checkez TripAdvisor avant de sortir vous balader histoire de repérer les sites incontournables et bien diriger vos chauffeurs de rickshaw. Si vous avez le temps, laissez-vous aller à accepter les services de l'un d'entre eux pour la journée (à bien négocier) afin qu'ils vous emmène partout !
Ici, les habitants n'hésiteront pas à vous accueillir à bras ouverts et seront nombreux à vouloir prendre une photo de famille avec vous. C'est souvent demandé très gentiment : acceptez et c'est parti pour dix minutes de fous rires, de serrage de mains et d'interrogatoire sur vous et votre famille ;)

5) Kodaikanal - Munnar

Rendez-vous dans le Kerala, l'un des plus beaux états Indien à mes yeux ! Ici, tout n'est que montagne, nature, thé, calme et ciel bleu (quand ce n'est pas la mousson).
Prévoyez un très long temps de trajet pour rejoindre ces villes, en bus comme en taxi. En effet, ces villages de montagne sont difficile d'accès mais bien desservis grâce au tourisme de plus en plus développé dans la région.
Une fois sur place, profitez-en pour organiser avec votre hôtel des visites afin de ne pas perdre une miette des paysages environnants !
Prévoyez une petite laine : il peut vite faire frais le soir comparé à la douceur chaleureuse de l'après-midi.

6) Kochi - Allepey - Varkala

Après Munnar, vous pouvez rejoindre facilement Kochi. La ville manque un peu d'intérêt malheureusement et 1 journée sur place suffira. Je vous conseille toutefois de vous balader dans le quartier de la Synagogue : on y trouve de très jolies boutiques de bijoux et d'antiquités.
Le coucher de soleil sur les filets de pêche à la chinoise vous offrira une jolie photo "carte postale" ou un beau cliché Instagram ;)

Direction Allepey pour les backwaters. Ca, c'est mon gros coup de coeur du Kerala : bookez en avance ou directement sur place votre "houseboat" qui vous emmènera de 12H à 9h le lendemain matin en croisière à travers les canaux d'Allepey. Les chambres de ces bateaux sont généralement très spacieuses et les plats sont fraîchement cuisinés pour vous par le cuisiner à bord !
Les prix sont assez élevés mais franchement c'est une expérience que vous ne regretterez jamais. J'en garde un super souvenir et pour l'avoir fait deux fois, je ne m'en lasserai jamais !

Ensuite, descendez buller au bord de la plage à Varkala. C'est l'une des rares plages en Inde que j'ai vue aussi impeccable, propre et respectueuse. Là-bas, aucune gêne à faire bronzette en maillot de bain. Bon, le long de la colline (North Cliff) est vraiment blindée de babos à dread en stage de yoga ou de méditation, mais la foule est vraiment éclectique et c'est ce qui fait le charme de cette plage.
Ne logez que sur la cliff, c'est pas cher et la vue est incroyable. Le soir, les fans de poisson et de fruits de mer pousseront des soupirs de bonheur à la vue des étals de poisson fraîchement pêchés le jours et cuisinés rien que pour vous après passage de votre commande !

Villes en extra si vous avez le temps de remonter la côte Ouest : Mysore pour le palais, le bois de Santal et le Marché ainsi que Hampi pour les temples et le patrimoine archéologique classé à l'UNESCO, les balades en mobylette (comme la mienne) à travers les champs et les banana lassi au coucher du soleil.

* * *

Voilà, après cet énorme pavé : je vous laisse digérer toutes ces informations et avant de vite publier la troisième et dernière partie de mes conseils pour voyager en Inde (avant la fin du printemps, promis !) ;)
Retrouvez la première partie ici.

Mes listes et conseils sont non-exhaustifs : n'hésitez pas à partager vos bonnes adresses et témoignages dans les commentaires !

jeudi 29 janvier 2015

10 conseils pour voyager en Inde - Partie 1

POV
vue du Taj Mahal depuis le rooftop d'une petite guest house d'Agra

Rendez-vous compte : déjà 1 an et demi que je vis en Inde ! Même si parfois le sous-continent me sort par les trous de nez (j'adore cette expression), j'ai appris à l'aimer et à l'apprécier à sa juste valeur et j'ai vraiment envie de transmettre ma curiosité.
Alors même s'ils ne font pas autorité, voici mes 10 conseils pour voyager en Inde !

1) Obtenir son VISA

Il faudra vous rendre dans l'un des 6 centres de dépôt : Paris, Lyon, Marseille, Strasbourg, Bordeaux et Nice après avoir rempli un formulaire en anglais sur le site de la société VFS. Il est je crois encore possible de faire une demande par courrier, mais vérifiez bien sur le processus.

Renseignez-vous bien : si vous êtes journaliste ou que vous travaillez dans les médias ou la communication, un visa spécial risquerait de vous être attribué. Ne vous y prenez pas à la dernière minute : vous pouvez recevoir votre visa en quelques jours ouvrés mais cela peut tout aussi bien prendre 2 semaines.

A titre d'exemple, j'ai attendu 3 semaines mon second visa de travail car l'employé en charge de mon dossier était tout simplement parti en vacances... Je l'ai finalement reçu la veille de mon retour pour l'Inde... Ambiance !

2) Oubliez tout ce que vous croyez savoir

Vous aurez beau lire des guides, éplucher les pages de Wikipédia, vous taper des heures de films de Bollywood et vous extasier devant un épisode de "rendez-vous en terre inconnue"... Il y a toujours de nouvelles choses à découvrir et à remettre en question, c'est incroyable !

Après tout ce temps ici, je réalise qu'après avoir enfin compris le concept X, cela ouvre une porte sur un nouveau concept Y que j'ignorais jusqu'alors et cela me prend à nouveau quelques temps pour en comprendre tous les rouages... Et me mener au concept Z. C'est sans fin et j'adore ça.

Il faut comprendre que l'Inde, malgré son apparente unité, est un véritable sous-continent composé de 29 Etats (exemple : le Tamil Nadu où je vis) et 7 territoires (exemple : Pondichéry) où l'on parle 23 langues officielles et encore plus de dialectes.

A Chennai, on parle principalement tamoul et très peu hindi par exemple. La façon de porter un sari dans le Rajasthan est complètement différente de celle du Kerala. Tous les indiens ne sont pas hindous et bilingues en anglais. Tous ne sont pas pauvres ou mendiants comme on nous le montre trop souvent à la télé.

Déguster un butter chicken massala, c'est comme manger de la blanquette de veau en France : c'est typique, mais ce n'est pas non plus un plat du quotidien pour les locaux. Et n'oubliez pas que le cheese naan est une invention pour satisfaire les papilles des Européens. Optez plutôt pour des parotas ou des chapatis, ça y ressemble et c'est tout aussi bon !

En gros : soyez très curieux, testez le plus de différentes choses possibles, amusez-vous, posez des tonnes de questions : aucune ne sera stupide du moment qu'elle est empreinte de respect :)

3) Préparez votre voyage en avance

Les distances sont si énormes et les temps de transport complètement hors du commun qu'il me paraît impensable de débarquer en Inde les mains dans les poches ! A moins d'avoir les moyens de s'offrir les services d'un chauffeur qui peut vous emmener d'une ville à l'autre selon vos envies ou d'avoir beaucoup de temps (1 ou plusieurs mois par exemple), je vous conseille vivement de vous poser quelques heures pour définir votre itinéraire si vous avez prévu de ne voyager que 2 ou 3 semaines.

Prenez une feuille, listez toutes les villes que vous aimeriez visiter : Delhi, Calcutta, Agra, Pushkar, Jaipur, Jodhpur, Udaipur, Mumbai, Goa, Fort Cochin, Allepey, Bangalore, Chennai, Pondichéry... Laissez libre cours à votre imagination et fiez-vous à vos coups de coeurs repérés dans des guides ou sur des blogs.
Ensuite, prenez connaissance des distances et simulez des voyages en voiture sur Google Maps ou sur Route Planner. Vous réaliserez vite qu'il faut parfois 6 heures de route pour ne parcourir à peine plus de 300 kilomètres...

Faites le tri de vos destinations en fonction du temps que vous avez à disposition et de vos objectifs. Faites des compromis : mieux vaut parfois dépenser 50€ pour un vol interne que de perdre 1 journée dans les transports sous une chaleur de plomb.
Si vous êtes en mode farniente, passer 4 jours entiers à Goa sera un vrai plaisir. Si vous êtes en mode "checklist", changer de ville tous les 2 jours permet d'en voir un maximum sans revenir épuisé de ses vacances. Définissez votre rythme à l'avance tout en gardant quelques jours de rab pour laisser de la place à l'imprévu : l'Inde est surprenante, on ne sait jamais ce qui peut arriver !

Voici les sites qui pourront vous être utiles pour préparer votre voyage :
- Redbus.in : comme son nom l'indique, c'est LE site de référence pour booker ses tickets de bus. Malheureusement les CB internationales (non indiennes) ne sont pas encore acceptées sur le site, mais je vous invite à y jeter un oeil pour prendre connaissance des horaires, des prix et des temps de trajets : vous pourrez ensuite booker dans des agences une fois en Inde :)
Pratique et peu cher, je trouve malgré tout le bus très fatiguant et dangereux. Les coups de klaxons sont constants et les trajets de nuit flippants car les chauffeurs roulent souvent comme des cinglés. Mais bon, les couchettes des bus "sleeper" sont toujours bien foutues et avec un peu de chance vous dormirez comme un bébé.
- IRCTC : c'est le site officiel pour réserver ses trains. Très compliqué à utiliser, je vous conseillerai plutôt de vous tourner vers Cleartrip. Le train est mon moyen de locomotion préféré en Inde pour les longs trajets, surtout de nuit. La seconde classe "2AC" est à mon avis le meilleur rapport qualité/prix (couchettes confortables, draps et oreiller fournis, prises pour recharger votre téléphone, clim...) mais dépêchez-vous : les tickets sont pris d'assaut dès leur mise en vente et les trains se retrouvent vite complets. Renseignez-vous sur les différentes dates de pèlerinages ou jours fériés, sous peine de vous retrouver sur liste d'attente. A noter que dans les villes touristiques, il existe de nombreux petits shops façon agence de voyage : comme les bus, vous pourrez parfois y réserver vos billets de train.
- Makemytrip : très complet, ce site permet de booker des hôtels, des billets de bus, d'avion ou de train. C'est très pratique pour comparer les prix des billets d'avion et choisir les itinéraires les moins chers ou les plus pratiques en termes d'horaires. Je ne jure que par lui désormais pour tous mes vols et mes simulations de trajets.
- Agoda : ce n'est pas un site indien, mais je l'utilise toujours pour réserver mes hôtels car je peux payer via PayPal. Ca m'évite de cumuler inutilement des frais bancaires en multipliant les retraits et paiements avec ma CB française.
- Pensez low cost : pour gagner du temps sur de grandes distances (exemple : pour aller de Delhi à Mumbai), faites un tour sur les sites des compagnies locales : IndiGo, SpiceJet ou GoAir.

4) Voyagez léger

Ne bourrez pas votre valise de produits anti-moustiques, de médicaments et d'affaires de toilette.
En Inde, les produits de la vie courante sont très peu chers et la plupart des savons, shampooings etc sont vendus en dosettes d'échantillons ou en format voyage : c'est donc super pratique !
Faites vos petites emplettes en arrivant et demandez de l'Odomos : c'est la crème anti-moustique que tout le monde utilise ici. Ca ne coûte que quelques roupies, ça ne prend pas de place et c'est super efficace !

Pour la trousse à pharmacie, l'immodium, le smecta et le doliprane seront vos meilleurs alliés. Mais ne vous embêtez pas à prendre des pastilles purifiantes pour l'eau : on trouve des bouteilles d'eau potable à tout le coins de rue pour quelques centimes d'euro.
Egalement, je me suis faite vaccinée contre la rage en Inde : 30 roupies (0,45€) le vaccin ici contre 40€ en France... Le choix était vite fait (bon et surtout j'avais le temps pour ça).

Quant aux vêtements, préférez les tenues confortables : t-shirts à manches courtes, pantalons coupe carotte, pantacourts en lin, des shorts en jean... Pensez à couvrir vos jambes lorsque vous visitez un temple et à porter un foulard pour les mosquées. Gardez de la place dans vos bagages pour ramener de jolies tenues ethniques : saris, kurtas, salwars, pashminas... Faites-vous plaisir !

* * *
A suivre !
* * *

Avant de publier la deuxième partie (car la première partie est déjà un gros pavé !) je m'adresse à vous : avez-vous déjà voyagé en Inde ? Avez-vous d'autres conseils à prodiguer aux lectrices ? Et vous, futurs voyageuses : avez-vous des interrogations sur l'Inde, des choses que vous souhaiteriez que j'explique ?

N'hésitez pas : partagez vos avis en commentaires ;)

mercredi 28 janvier 2015

Bon plan : #VOYAGEZENILLIMITE avec iDTGV !

POV

Comme je vous le disais dans mon précédent post, mes intérêts se sont vraiment recentrés sur les voyages depuis que je vis en Inde. C'est devenu un véritable plaisir d'organiser mes jours de congés et vacances en fonction des pays et villes que je rêve de visiter. Il y a toujours un bon prétexte !

Pour info, mon aventure indienne touche bientôt (déjà !) à sa fin et je serai de retour en Europe d'ici l'été 2015 !
Maintenant que j'ai chopé le virus du voyage, je commence déjà à faire plein de plans sur la comète : barouder en Islande, en prendre plein les yeux en Israël, rendre visite à ma tante à Alger, redécouvrir les régions françaises que je connais mal, retourner à Berlin et oh tiens j'aimerais bien aller à Dublin et en Roumanie ! Et pourquoi pas l'Italie ?

Bref je suis déjà en train de m'enflammer et de fantasmer sur toutes les possibilités que l'Europe et la France ont à m'offrir. D'ailleurs en parlant de train... Ca vous dirait de profiter de voyages illimités ? 

On m'a soufflé dans l'oreillette qu'il se trame quelque chose du côté de #VOYAGEZENILLIMITE... Je me suis inscrite sur le site pour recevoir les infos et je vous invite à faire de même : j'ai bien l'impression que 2015 sera l'année du voyage en train ;)

Sur ce je vous souhaite un excellent week-end et vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour 2 articles dédiés au voyage en Inde : je vous listerai mes conseils et astuces pour préparer votre futur séjour !

POV

EDIT du mercredi 28 janvier à 13H45

Et voila ! Je peux enfin vous l'annoncer, iDTGV lance iDTGVMAX, la première carte d'abonnement pour voyager en train en illimité ! Pour 59,99€ par mois, profitez de trajets illimités sur 40 destinations iDTGV

POV

L'inscription sur le site est super facile, en quelques clics et munis de votre RIB c'est dans la poche. Vous pourrez commencer à voyager dès le 8 février ! Le Nord et l'Est ne sont malheureusement pas desservis, mais les Bretons et les chanceux du Sud de la France vont pouvoir se faire plaisir, tout comme les parisiens. 
Perso, j'attends ma carte avec impatience : il me tarde de voyager à travers la France ! 

Dépêchez-vous d'en profiter... Il n'y a que 10 000 cartes iDTGVMAX disponibles ;) 

vendredi 9 janvier 2015

Ce que j’ai appris en 2014

2015

Partagée entre le besoin de recul silencieux et l’envie d’écrire, j’ai fini par trancher car écrire, ça calme.

Depuis mercredi je me sens en apnée. Les souvenirs du deuil, de l’attente, de la peur et de l’incompréhension refont surface et la souffrance fait écho en moi, en nous tous. Je suis très émue mais également très fière de voir qu’un acte aussi barbare que celui du mercredi 7 janvier 2015 ait rassemblé autant de personnes dans le monde entier. Tant d’amour et de solidarité apporte du baume au cœur et ce sont les images que je souhaite garder en tête.

L’année 2014 fut très éprouvante, mais elle m’a permis d’apprendre beaucoup de choses.

LE BONHEUR

J’étais naïvement persuadée que le bonheur était un état béat et facile à atteindre, comme dans les comédies romantiques américaines. Je pensais bêtement que les gens heureux étaient simplement aveugles et ne pouvaient pas comprendre à quel point la vie était dure. J’ai appris à mes dépends que la tristesse et le mal-être étaient un état de faiblesse et de détresse et qu’il fallait être très fort pour accepter d’être heureux et maintenir cet état à flot. Avant, je ne me rendais pas compte de la chance que j’avais. Aujourd’hui chaque jour commence par une bataille contre moi-même et se termine par une victoire.

Désormais j’admire les gens sincèrement heureux. Je ne me dis pas qu’ils ont de la chance, car s’ils sont arrivés à cet état de sérénité c’est qu’ils ont du en chier un jour dans leur vie et qu’une épreuve leur a permis de s’élever moralement. Certains y arrivent seuls, d’autres ont besoin de leurs proches ou d’une aide extérieure pour atteindre cet état de bonheur. Je le souhaite à tout le monde, c’est un apprentissage quotidien.

LE PARDON

Personne n’est parfait et je l’avoue sans honte, j’ai été bouffée par la rancœur. Celle qui te ronge, qui te fais haïr tes collègues, tes amis, tes proches, ceux qui ne sont pas là (que tu crois) et qui restent silencieux (mais n’arrêtent pas de penser à toi pour autant). C’est une spirale infernale de haine qui se déverse et qui n’atteint pas les autres, seulement toi-même.

Ça prend du temps de recouvrer la vue, de regarder autour de soi et réaliser que personne n’est responsable de ce qui s’est passé et que personne ne te doit rien. Alors un jour il faut décider de pardonner et c’est en pardonnant qu’on va de l’avant et qu’on renoue des liens vitaux… pour atteindre le bonheur. L’un ne va pas sans l’autre et c’est un cercle vertueux.

LA TOLÉRANCE ET L’HUMILITÉ

Posons les faits : je suis une femme blanche, occidentale, de culture catholique, éduquée, issue d’un milieu aisé, jeune et en parfaite santé et j’ai un travail qui me plait et me permet d’être indépendante financièrement. J’ai TOUT pour moi. Je suis privilégiée. Point.

Et ça, je l’oublie en France. C’est un fait qui me frappe régulièrement depuis que je vis en Inde. Je fais partie d’une extrême minorité de personnes qui ne sera jamais dans la merde. C’est une responsabilité à respecter, car j’ai toutes les clés en main pour construire ma vie librement et sans peur. Ce serait donc un affront envers ceux qui n’ont pas ma chance de ne pas faire mon maximum et me donner à fond pour vivre ma vie telle que je l’entends et être heureuse.

Je suis rarement témoin de l’extrême pauvreté à laquelle sont confrontés une majorité d’indiens car j’ai la chance de vivre dans une grande ville et voyage très peu dans les zones rurales et isolées.

L’Inde que je vois au quotidien, celle que je connais et côtoie est très dynamique. Elle travaille, fait la fête, voyage beaucoup, est très curieuse. Elle est surtout tolérante. Au bureau, mes collègues musulmans ont un espace de prière qui leur est dédié et c’est normal. Tout le monde se souhaite un joyeux Noël et décore un sapin dans la salle de pause. Et les jours de fêtes hindoues, tout est béni, jusqu’à mon écran et clavier d’ordinateur. Je fais mes courses au son de l’appel de la prière et parcours les rues qui sentent bon l’encens provenant des temples. Quelques minutes plus tard, c’est les cloches qu’on entendra. En sari, en kurta, voilées des pieds à la tête ou en jean, les indiennes sont partout dans les rues et je n’ai, à Chennai, jamais été témoin de regards déplacés.

C’est pas tous les jours parfait. Si les regards ne sont pas déplacés, quelques gestes le sont. Des mains, dans la foule, dans le bus, à un concert, en prétextant m’aider à réparer ma mobylette. Des paroles maladroites, des « you’re rich, I’m poor » répétés dans le but de me faire culpabiliser d’être occidentale. Des refus de me regarder dans les yeux parce que je suis une femme qui hausse le ton.

Je serre les dents. Ce n’est pas ma culture, et ce n’est certainement pas celle des indiens. Il faut apprendre à ne pas faire de généralités. Le manque d’éducation, la frustration et la pression morale sont la source de ces maux. C'est ce qu'il faut garder en tête et il convient de ne surtout pas stigmatiser une culture, une religion ou une nation.

VOYAGER

Voyager coûte cher, on ne va pas se mentir. C’est devenu mon principal poste de dépense. Avant, c’était les fringues. Aujourd’hui, je dépense des fortunes en billets d’avion, en transports, en hôtels, en souvenirs.

Je continue à m’offrir des vêtements et des accessoires car ils me plaisent, car j’ai bousillé mon pantalon préféré ou parce que je veux absolument une paire de Stan Smith, comme tout le monde. Mais j’ai appris à me freiner, à me dire « non Marion, ce sac = un week-end dans cette ville que tu veux absolument visiter ». Ma consommation a complètement changé et c’est étrange car beaucoup d’articles publiés par mes blogueuses préférées en ce début d’année font état de ce même sentiment : moins de consommation, plus de voyages.

Grandir m’aide à sortir du bonheur matériel et m’aide à me tourner vers le bonheur de l’expérience, du vécu et de l’apprentissage. J’échoue souvent, fais des commandes ASOS insensées quand je m’ennuie ou que j’ai envie de me récompenser. Mais rien ne me rend plus heureuse que de prendre l’avion, le bus, le train, ma mobylette et quitter mon quartier pour découvrir ce qui se passe à côté.

M’éloigner de la France me permet de porter un regard différent sur le monde qui m’entoure et je ne cesserai de voyager jusqu’à ce que mort s’en suive. Aujourd'hui je suis très fière d'être française, je me sens en unité avec mon pays, mes amis, mes proches.

Ces mots qui clôturent l’année 2014 et accueillent 2015 à bras ouverts sont importants pour moi et peut-être qu’ils trouveront écho en vous, suite aux récents événements.

J’espère que chacun trouvera en soi la clé pour démarrer cette nouvelle année sereinement. Je vous souhaite à toutes et à tous le meilleur pour 2015, merci d’être là !

 
Marion Rocks