vendredi 23 janvier 2015

Bon plan : #VOYAGEZENILLIMITE !

POV

Comme je vous le disais dans mon précédent post, mes intérêts se sont vraiment recentrés sur les voyages depuis que je vis en Inde. C'est devenu un véritable plaisir d'organiser mes jours de congés et vacances en fonction des pays et villes que je rêve de visiter. Il y a toujours un bon prétexte !

Pour info, mon aventure indienne touche bientôt (déjà !) à sa fin et je serai de retour en Europe d'ici l'été 2015 !
Maintenant que j'ai chopé le virus du voyage, je commence déjà à faire plein de plans sur la comète : barouder en Islande, en prendre plein les yeux en Israël, rendre visite à ma tante à Alger, redécouvrir les régions françaises que je connais mal, retourner à Berlin et oh tiens j'aimerais bien aller à Dublin et en Roumanie ! Et pourquoi pas l'Italie ?

Bref je suis déjà en train de m'enflammer et de fantasmer sur toutes les possibilités que l'Europe et la France ont à m'offrir. D'ailleurs en parlant de train... Ca vous dirait de profiter de voyages illimités ? 

On m'a soufflé dans l'oreillette qu'il se trame quelque chose du côté de #VOYAGEZENILLIMITE... Je me suis inscrite sur le site pour recevoir les infos et je vous invite à faire de même : j'ai bien l'impression que 2015 sera l'année du voyage en train ;)

Sur ce je vous souhaite un excellent week-end et vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour 2 articles dédiés au voyage en Inde : je vous listerai mes conseils et astuces pour préparer votre futur séjour !

vendredi 9 janvier 2015

Ce que j’ai appris en 2014

2015

Partagée entre le besoin de recul silencieux et l’envie d’écrire, j’ai fini par trancher car écrire, ça calme.

Depuis mercredi je me sens en apnée. Les souvenirs du deuil, de l’attente, de la peur et de l’incompréhension refont surface et la souffrance fait écho en moi, en nous tous. Je suis très émue mais également très fière de voir qu’un acte aussi barbare que celui du mercredi 7 janvier 2015 ait rassemblé autant de personnes dans le monde entier. Tant d’amour et de solidarité apporte du baume au cœur et ce sont les images que je souhaite garder en tête.

L’année 2014 fut très éprouvante, mais elle m’a permis d’apprendre beaucoup de choses.

LE BONHEUR

J’étais naïvement persuadée que le bonheur était un état béat et facile à atteindre, comme dans les comédies romantiques américaines. Je pensais bêtement que les gens heureux étaient simplement aveugles et ne pouvaient pas comprendre à quel point la vie était dure. J’ai appris à mes dépends que la tristesse et le mal-être étaient un état de faiblesse et de détresse et qu’il fallait être très fort pour accepter d’être heureux et maintenir cet état à flot. Avant, je ne me rendais pas compte de la chance que j’avais. Aujourd’hui chaque jour commence par une bataille contre moi-même et se termine par une victoire.

Désormais j’admire les gens sincèrement heureux. Je ne me dis pas qu’ils ont de la chance, car s’ils sont arrivés à cet état de sérénité c’est qu’ils ont du en chier un jour dans leur vie et qu’une épreuve leur a permis de s’élever moralement. Certains y arrivent seuls, d’autres ont besoin de leurs proches ou d’une aide extérieure pour atteindre cet état de bonheur. Je le souhaite à tout le monde, c’est un apprentissage quotidien.

LE PARDON

Personne n’est parfait et je l’avoue sans honte, j’ai été bouffée par la rancœur. Celle qui te ronge, qui te fais haïr tes collègues, tes amis, tes proches, ceux qui ne sont pas là (que tu crois) et qui restent silencieux (mais n’arrêtent pas de penser à toi pour autant). C’est une spirale infernale de haine qui se déverse et qui n’atteint pas les autres, seulement toi-même.

Ça prend du temps de recouvrer la vue, de regarder autour de soi et réaliser que personne n’est responsable de ce qui s’est passé et que personne ne te doit rien. Alors un jour il faut décider de pardonner et c’est en pardonnant qu’on va de l’avant et qu’on renoue des liens vitaux… pour atteindre le bonheur. L’un ne va pas sans l’autre et c’est un cercle vertueux.

LA TOLÉRANCE ET L’HUMILITÉ

Posons les faits : je suis une femme blanche, occidentale, de culture catholique, éduquée, issue d’un milieu aisé, jeune et en parfaite santé et j’ai un travail qui me plait et me permet d’être indépendante financièrement. J’ai TOUT pour moi. Je suis privilégiée. Point.

Et ça, je l’oublie en France. C’est un fait qui me frappe régulièrement depuis que je vis en Inde. Je fais partie d’une extrême minorité de personnes qui ne sera jamais dans la merde. C’est une responsabilité à respecter, car j’ai toutes les clés en main pour construire ma vie librement et sans peur. Ce serait donc un affront envers ceux qui n’ont pas ma chance de ne pas faire mon maximum et me donner à fond pour vivre ma vie telle que je l’entends et être heureuse.

Je suis rarement témoin de l’extrême pauvreté à laquelle sont confrontés une majorité d’indiens car j’ai la chance de vivre dans une grande ville et voyage très peu dans les zones rurales et isolées.

L’Inde que je vois au quotidien, celle que je connais et côtoie est très dynamique. Elle travaille, fait la fête, voyage beaucoup, est très curieuse. Elle est surtout tolérante. Au bureau, mes collègues musulmans ont un espace de prière qui leur est dédié et c’est normal. Tout le monde se souhaite un joyeux Noël et décore un sapin dans la salle de pause. Et les jours de fêtes hindoues, tout est béni, jusqu’à mon écran et clavier d’ordinateur. Je fais mes courses au son de l’appel de la prière et parcours les rues qui sentent bon l’encens provenant des temples. Quelques minutes plus tard, c’est les cloches qu’on entendra. En sari, en kurta, voilées des pieds à la tête ou en jean, les indiennes sont partout dans les rues et je n’ai, à Chennai, jamais été témoin de regards déplacés.

C’est pas tous les jours parfait. Si les regards ne sont pas déplacés, quelques gestes le sont. Des mains, dans la foule, dans le bus, à un concert, en prétextant m’aider à réparer ma mobylette. Des paroles maladroites, des « you’re rich, I’m poor » répétés dans le but de me faire culpabiliser d’être occidentale. Des refus de me regarder dans les yeux parce que je suis une femme qui hausse le ton.

Je serre les dents. Ce n’est pas ma culture, et ce n’est certainement pas celle des indiens. Il faut apprendre à ne pas faire de généralités. Le manque d’éducation, la frustration et la pression morale sont la source de ces maux. C'est ce qu'il faut garder en tête et il convient de ne surtout pas stigmatiser une culture, une religion ou une nation.

VOYAGER

Voyager coûte cher, on ne va pas se mentir. C’est devenu mon principal poste de dépense. Avant, c’était les fringues. Aujourd’hui, je dépense des fortunes en billets d’avion, en transports, en hôtels, en souvenirs.

Je continue à m’offrir des vêtements et des accessoires car ils me plaisent, car j’ai bousillé mon pantalon préféré ou parce que je veux absolument une paire de Stan Smith, comme tout le monde. Mais j’ai appris à me freiner, à me dire « non Marion, ce sac = un week-end dans cette ville que tu veux absolument visiter ». Ma consommation a complètement changé et c’est étrange car beaucoup d’articles publiés par mes blogueuses préférées en ce début d’année font état de ce même sentiment : moins de consommation, plus de voyages.

Grandir m’aide à sortir du bonheur matériel et m’aide à me tourner vers le bonheur de l’expérience, du vécu et de l’apprentissage. J’échoue souvent, fais des commandes ASOS insensées quand je m’ennuie ou que j’ai envie de me récompenser. Mais rien ne me rend plus heureuse que de prendre l’avion, le bus, le train, ma mobylette et quitter mon quartier pour découvrir ce qui se passe à côté.

M’éloigner de la France me permet de porter un regard différent sur le monde qui m’entoure et je ne cesserai de voyager jusqu’à ce que mort s’en suive. Aujourd'hui je suis très fière d'être française, je me sens en unité avec mon pays, mes amis, mes proches.

Ces mots qui clôturent l’année 2014 et accueillent 2015 à bras ouverts sont importants pour moi et peut-être qu’ils trouveront écho en vous, suite aux récents événements.

J’espère que chacun trouvera en soi la clé pour démarrer cette nouvelle année sereinement. Je vous souhaite à toutes et à tous le meilleur pour 2015, merci d’être là !

mardi 9 décembre 2014

Les dorures du Palais Royal de Bangkok

BANGKOK

En profitant d'une longue escale en avril dernier lors du retour de mon voyage en solo au Laos, j'avais passé 2H dans Bangkok sans trop avoir le temps de faire quoi que ce soit. Hormis prendre le métro et glander dans un mall complètement fou, je suis forcément passée à côté de beaucoup de choses.

J'avais déjà pu me prendre une bouffée de modernité en pleine figure : tout me semblait incroyable, dynamique. Il fallait que j'y retourne !

Chose promise, chose due : j'ai pu m'y rendre une seconde fois il y a 10 jours, entourée d'un bon petit groupe d'amis. Au programme, street food, visites de touristes, massages, bières à foison et Burger King. Quand on vit en Inde, quel bonheur de se sentir un peu plus libre dans les rues, de s'habiller comme on veut, de prendre le métro, de voir plein de filles maquillées et ultra girly, de goûter toutes sortes de nouvelles choses et de retrouver un appétit d'ogre (mmmh le mango sticky rice au lait de coco !)

Pour les futurs voyageurs qui seraient intéressés, nous avons logé à l'hôtel/auberge de jeunesse SUK11. Très bon rapport qualité/prix, grandes chambres pour les groupes et métro à 2 pas. En plus la déco est super sympa !

Parmi toutes mes visites, j'ai vraiment eu un énorme coup de coeur pour le Palais Royal. J'avais tout le temps le nez en l'air pour admirer les toits dorés ou les yeux collés aux murs de mosaïques pour découvrir tous les petits détails. Je poussais des petits cris d'émerveillement et j'ai tenté de capturer tout ce qui m'avait attirée. Je trouve toutes ces dorures et sculptures tellement belles et inspirantes, je ne m'en lasserai jamais ! On aurait envie de s'en faire des bijoux incroyables n'est-ce pas ?

Prêts pour une explosion de couleurs ? C'est parti !

BANGKOK
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BANGKOK

mercredi 12 novembre 2014

2 jours à Varanasi

VARANASI
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Avant de partir en Inde, je ne connaissais absolument rien de ce sous-continent. Je pensais que tout ses habitants étaient hindous, parlaient couramment anglais, je savais que le Taj Mahal était l'une des 7 merveilles du monde, avais appris que le Gange était plus insalubre que jamais et que le Lycée Français de Pondichéry passait les épreuves du bac avant tout le monde (merci les gars, on s'est tapé tous vos sujets au bac blanc !).

Tout ça pour dire que pour moi, mettre enfin les pieds à Varanasi en juillet dernier après 1 an passé en Inde était une sorte d'aboutissement. Passer quelques jours dans l'une des villes les plus sacrées pour les hindous, où la mort est omniprésente (dans l'eau du Gange, dans l'air gorgé de cendres et dans l'esprit qui questionne la Foi : car oui, ici on vient mourir pour accéder au salut, soit la libération suprême)... C'est quelque chose.

Avant d'arriver, le peu de reportages et documentaires que j'avais vus sur l'Inde dressaient le portrait de ruelles sombres, étroites et sales. D'odeurs pestilentielles et d'animaux errants. De rues bondées, étouffées par un bruit assourdissant et une chaleur abominable. Vivre dans le passé, loin des habitudes occidentales, là où la religion puise sa source. Une pauvreté extrême. 
Finalement, ce n'est jamais ce que j'aurai ressenti à Chennai, qui malgré tout ses défauts reste une ville très agréable à vivre. On s'y sent en sécurité, je vis face à la mer dans un quartier résidentiel, de nombreux cafés s'ouvrent petit à petit, la ville se réveille grâce au boom IT. C'est très loin de tout les stéréotypes que j'avais en tête.

Mais une fois le pied posé à Varanasi, accueillis par une mousson dégueulasse, je me suis pris une claque. Tous les clichés sont réunis ! Là voilà, l'Inde que je voyais à la télé. Celle qu'on aime tant dépeindre, disséquer et prendre pour ultime vérité ! Les voilà les ruelles sombres, le regard perdu des familles Européennes venues en touristes, l'air songeur des Sadhus et les corps brûlant sur les marches des Ghat. Et le bruit. Mon dieu, ce bruit ! Des klaxons partout, tout le temps à t'en péter les tympans. On croyait connaître le pire à Chennai, ce n'est rien comparé au bordel du centre ville de Varanasi.

Après le choc, vient le réconfort. Au détour de quelques ruelles, on tombe non sans difficulté (des petits malins avaient pourtant eut le culot d'ouvrir le même restaurant en face de celui où nous devions aller : même devanture, même nom, même logo, même menu photocopié...) sur un rooftop de rêve : celui de la Brown Bread Bakery. Aussi incroyable que cela puisse paraître, notre première soirée à Varanasi a démarré avec des plateaux de fromages d'Auroville et de la Kingfisher bien fraîche. S'en est suivi un dîner de champion à l'étage en-dessous, accompagné d'un concert assez incroyable.

En sortant, repus, on réalise que ce même établissement organise des tours en barque au lever du soleil pour découvrir les rives du Gange. Rendez-vous pris dès le lendemain matin, réveil réglé à 5H. C'est durant ces quelques heures on ne peut plus calmes, à se laisser bercer par le lever du soleil et les histoires de notre guide que j'ai pris la plupart de ces photos. Et vraiment... Qu'est-ce que c'était beau, riche en couleurs et en émotions !

Comment ne pas être bêtement ("occidentalement") horrifiés devant tout ces gens qui se baignent gaiement dans le Gange, boivent son eau (je vous rappelle que les morts gisent au fond) réputée sacrée comme si de rien était ? Comment ne pas être chamboulé devant les corps embaumés d'un linceul blanc, attendant d'être incinérés en plein air ? Et toute cette effervescence, et cette incroyable différence entre la vieille ville (une des plus vieilles au monde !) et la "ville moderne" qui s'étend malgré tout. Que de clichés, je vous avais prévenus ;)

Si je suis pourtant fervente amatrice de l'Inde du Sud et milite gentiment pour sa découverte (oubliez le Rajasthan 5 minutes s'il-vous-plaît, cette région va finir gâchée par le tourisme !), je vous assure que Varanasi, très au Nord, est un passage obligatoire en Inde. Limite, oubliez le Taj Mahal au profit de la ville sacrée, vous ne serez jamais déçus. C'était fou, déroutant, long à digérer mentalement mais incroyablement enrichissant. Merci Varanasi !

 
Marion Rocks