Crédit photos : Osmany - Oh my bloogness !
Niveau musique, je suis toujours à la ramasse et je loupe souvent les buzz. Cet été, j'étais complètement passée à côté du phénomène de Lana Del Rey. Je me suis réveillée en septembre quand j'ai commencé à en entendre parler mais entre mes voyages et autres péripéties, je n'ai pas pris le temps d'écouter ce que Lana Del Rey faisait.
J'ai donc écouté pour la première fois Blue Jeans et Video Games début octobre lors de ma rentrée. A l'heure où tout le monde écoutait la B.O de Drive en boucle, je me mettais seulement à découvrir la voix envoûtante de cette américaine sortie de nulle part. Comme beaucoup de monde, j'ai aimé, je connais les paroles par coeur (vous nous verriez avec Jordan, on rend folle notre troisème coloc car on chante Blue Jeans et Video Games à tue-tête dans tout l'appartement au moins une fois par jour) et je suis à fond. Bien sûr, il était déjà trop tard pour acheter mes places pour son premier concert en France qui avait lieu lundi 7 novembre dernier au Nouveau Casino.
Je galère, je cherche, j'échange, finalement je réussis à trouver une place grace à Coralie de Polydor (le label de la chanteuse) que je remercie infiniment ! J'inscris consciencieusement la date dans mon agenda et compte les jours. En attendant, beaucoup d'articles sortent et celui de Slate buzz pas mal sur le ouèbe deux et la twittance s'enflamme. Les magazines féminins prennent le relais, on parle de Lana Del Rey comme un pur produit marketing créé de toutes pièces pour plaire aux petits hipsters.
La peur s'empare de moi. Et si son concert était nul aussi ? Je doute, mais j'ai hâte. Quand je suis arrivée au Nouveau Casino lundi soir, l'ambiance était chaude, on n'attendait qu'elle. Lorsqu'elle est arrivée sur scène, les "je t'aime Lana !!" ont fusé. La musique a démarré, et elle s'est mise à chanter. J'ai aussitôt été envoutée. Quoiqu'on puisse dire sur elle, Lana Del Rey (Elizabeth Grant de son vrai nom) a une voix en or, qui passe des graves aux aigus. Le ton est rauque, cristallin, prenant, berçant, percutant. J'étais subjuguée. On sent qu'elle n'est pas habituée à la scène car elle n'a finalement pas beaucoup de prestance : elle bouge peu, s'adresse peu à son public, minaude beaucoup... Mais après tout, on ne lui demande pas de faire des chorégraphies de malade comme Lady Gaga ou Rihanna.
Ses chansons sont mélancoliques, on y croit, on est transporté. Si bien que lorsque la belle, après avoir enchaîné une dizaine de chansons à la suite quitte la scène lors du dernier morceau en laissant seuls ses musiciens... j'étais un peu sous le choc. Les lumières se rallument, on se demande quand viendra le rappel... Il n'y en aura pas. Ca s'enflamme, on crie, on twitte, on râle, on est triste et déçus. Les quarante petites minutes de show sont passées à vitesse grand V, on en voudrait encore, Lana nous a bien eus.
On est parti noyer notre peine au 114, un bar à côté du Nouveau Casino où avait lieu l'aftershow. Lana Del Rey est arrivée vers 23h tout sourire, je me suis lancée et lui ai adressé la parole pour la féliciter et lui avouer que je suis dingue de ses chansons. Une vraie groupie ! Osmany a tenté d'en savoir plus sur son départ de scène qui a un peu surpris tout le monde, elle répondra qu'elle n'est pas habituée à tout ça, qu'elle est gênée, que "I'm like off the stage, done", mais qu'elle a adoré être là et que Paris c'est génial.
Nul doute que cette fille-là va devenir très connue, elle a tout pour.



