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lundi 17 septembre 2012

Girls et Lena Dunham

Cet été, j'ai lu dans un peu tous les magazines que Girls, la nouvelle série produite par HBO était géniale, l'anti Sex & The City par excellence, la nouvelle génération Y... Tant de clichés, tans de choses faciles à dire. Ce n'est pas parce qu'on évite le bling bling qu'on est forcément underground. Je restais donc assez dubitative. Jusqu'à ce que je finisse par regarder.

Ce qui diffère des autres séries TV avec Girls, c'est que c'est réel. Pas vraiment de narration, on se retrouve plongé dans la vie de quatre filles : Hannah (le personnage central joué par Lena Dunham qui n'est autre que la géniale réalisatrice/productrice/auteur de la série à seulement 26 ans), Marnie, Jessa et Shoshanna. J'ai eu un peu de mal à les apprivoiser et à me sentir proches d'elles tout simplement parce que je n'arrivais pas à les idéaliser. En fait, je me suis pris leur normalité en pleine face pour une bonne raison : je suis comme elles. Mes copines sont comme elles.

Lena Dunham n'a pas peur de montrer la vraie vie, et je pense qu'elle s'en fout : c'est ce qui fait la force de son travail. Un détail (qui est loin d'en être un en fait) m'a beaucoup marqué dans les scènes de cul de Girls : ce moment où il faut mettre une capote avant de coucher ensemble. Sans cérémonie, sans en faire une affaire d'état, sans que la scène soit belle ou faussement branchée ou en mode propagande de la protection/contraception. Même si le personnage de Hannah en fait elle toute une histoire (cf l'épisode 2 appelé sobrement "Vagina Panic"), le fait que ce moment parfois un peu gênant soit montré sans artifice m'a fait plaisir. Parce que c'est un moment toujours délaissé dans les films ou les séries, que coucher sans capote au ciné c'est glamour et instinctif parce que sinon ça ruine l'instant émotion, toussa toussa (je suis un peu ironique je précise). Donc merci Lena Dunham.

Et merci Lena pour cette scène :

News

Voici Hannah donc, le personnage principal de la série Girls. Cet instant m'a tellement touchée sur le coup [car elle se montre vraiment à nu, avec ses défauts] que je n'ai pas pu m'empêcher de faire une capture d'écran, et finalement je ne regrette pas car elle représente bien Hannah. Hannah qui a donc la vingtaine, des tatouages, des bourrelets, des cuisses rondes et se cherche un peu parce que ses parents ont décidé qu'il était temps d'arrêter de la financer pour qu'elle se débrouille enfin seule. Sauf que Hannah habite à Brooklyn en colocation avec une de ses meilleures amies, Marnie, et qu'elle tente tant bien que mal d'écrire un livre tout en foirant un peu malgré elle sa relation avec Adam, son plan cul.

Dans l'épisode pilote, Adam lui demande d'où viennent ses tatouages (et pourquoi elle en a même un sur les fesses !). Ce à quoi elle répond : "They are illustrations from children's books mostly. That one my friend Jessa did in Sophomore year with a safety pin, it's a snake wrapped around a moon. I did them mostly in High School. I gained a bunch of weight very quickly and I just felt really out of control with my own body and it was just like this riot grrrl idea like "I'm taking control of my own shape !". 

"Ce sont pour la plupart des illustrations venant de livres d'enfants. Celui-là ma copine Jessa me l'a fait au lycée avec une épingle à nourrice, c'est un serpent enroulé autour d'une lune. Je me suis fait faire la plupart d'entre eux au lycée. J'avais pris pas mal de poids d'un coup et je sentais que je perdais le contrôle de mon corps alors c'était un peu une façon (à la riot grrrl) de dire "je prend le contrôle de mon apparence !"

Ce à quoi Adam répond : "You know, I was fat in high school. But I didn't go drawing all over myself".

"Tu sais, j'étais gros au lycée. Sauf que moi je ne me suis pas dessiné partout sur le corps."

Ce n'est pas un dialogue banal, car je me plais à croire que Hannah/Lena nous dit la vérité. Parce que Lena Dunham est effectivement amie dans la vraie vie avec Jessa (Jemima Kirke), qu'elles sont vraiment inséparables depuis leurs années lycée à Brooklyn et que ces tatouages existent vraiment. 

J'ai alors eu le sentiment que Lena voulait prendre une caméra et nous montrer, un peu en tapant gentiment du poing sur la table que merde, ce n'est pas parce qu'on a 24 ans et qu'on vit à Brooklyn qu'on a une super vie. Ce n'est pas parce qu'on a de super copines que tout est toujours drôle. On baise, on boit, on rit, on s'engueule, on a des bourrelets, on n'est pas forcément toutes belles. Mais certaines personnes nous aiment, et le plus dur est d'accepter leur amour.

C'est pareil quand tu pars à Stockholm, Paris ou Berlin. Parce que tu quittes ta petite ville d'enfance pour vivre la vie de rêve dans les capitales d'Europe, même enviée, même aussi chanceuse que tu puisses être, ce n'est pas pour ça que c'est génial et qu'on est forcément plus heureux. Et ça ne vaut pas que pour moi, ça vous pour la plupart d'entre nous, n'est-ce pas ?

Géraldine Dormoy a cité également ce passage, quand Hannah force ses parents à lire un extrait de son livre : "I don't want to freak you out but I think that I may be the voice of my generation. Or a least a voice. Of a generation."

"Je ne veux pas vous faire flipper mais je pense que je pourrait être la voix de ma génération. Ou du moins une voix. D'une génération."

Et c'est ça. Qu'on ne me parle pas de génération Y, on s'en fout. Non : REGARDEZ GIRLS. En V.O. Et revenez me dire ce que vous en avez pensé !

 
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